16 décembre 2007

Souvenirs d'avant, d'ailleurs...

36fb0a5a369d9be277cb249878cefdd6.jpgUne boule de poils.
Une boule de poils sur une tige.
Si je renifle trop fort ça me chatouille le nez.
Mais si je souffle, si je souffle, la petite boule de poils s'envole, s'éparpille.
C'est drôle...

Un trottoir d'une rue de Chicago.
Le traffic est impressionnant.
Sur le trottoir, les passants pressent le pas.
Un couple est arrêté, le regard fixé sur cette minette accroupie entre trois brins d'herbe.
Elle a trouvé tout plein de boules de poils : une respiration, je souffle, m'émerveille, me lève et recommence.
Les parents se sentent libérés chaque fois qu'elle se relève, autorisés à retourner dans le tourbillon de la ville.
Mais NON! C'est trop rigolo, à chaque boule de poils, elle se réaccroupit, respire, souffle et s'émerveille...

On y joue à Chicago comme on y joue partout en France.
On a tous fait ça une fois au moins.
Cette simplicité dans l'activité, trouver agréable de passer du temps à jouer, s'émerveiller semble être quelque chose d'universel... au moins dans l'enfance.

28 février 2007

Voyage vers le passé: route fermée

Peut-on, doit-on revenir en arrière ?

Retour en banlieue sud pour les vacances de février et déjeuner à la Ville-du-Bois, chez la grand-mère. On parle d’aujourd’hui, d’hier, de demain. Elle est née en 1929. Elle a grandi dans une ferme de Buzançais, dans le pays berrichon, avec un père charron et maréchal ferrand, et une mère qui s’occupait de la ferme, des enfants. La guerre, la Libération, les Trente Glorieuses avec l’arrivée de la télévision puis de la couleur, de plusieurs chaînes. Elle gérait à peu près le magnétoscope, aujourd’hui, on lui a offert un lecteur dvd. Appeler avec le portable elle sait faire, les sms, ça la dépasse. Elle me tenait des discours certes un peu simplistes mais révélateurs: aujourd’hui, on ne connaît plus ses voisins, quand Michel est décédé, je me suis sentie vraiment seule à promener le chien et faire mes courses sans avoir un « bonjour » de la journée. Je lui dis qu’il n’y a pas que les personnes de son âge qui veulent un lien social différent ; qu’Internet c’est bien, mais que c’est pas une question de génération de vouloir socialiser, c’est juste humain. Je lui parle des SEL, les systèmes d’échanges locaux ou comment faire naître une vie de quartier.

On était sur la route vers Landry, entre filles. Je jette un œil au paysage entre deux rétrogradages. On est en Bourgogne, il y a des collines, de la brume, des villages avec clochers. Je raconte mon choc lorsque je suis allée aux Etats-Unis pour la première fois, les malls, les highways, les Humers, plus de place pour un petit bout d’herbe, là où 600 ans auparavant, les Hurons vivaient de la cueillette et de la chasse. Je sais, c’est simpliste. Moi aussi j’aime bien prendre l’avion, une route en serpentins avec une bonne voiture, pouvoir savoir ce qui se passe dans le monde entier en tapant www.google.com. Mais là, en Bourgogne, je me demandais quand est-ce que «développement durable» allait devenir une véritable politique-cadre plutôt qu’une caution facile pour entrepreneurs malins. Comme d’hab je m’emballe, en criant que je suis favorable à la décroissance, je crois…

Et là, sur les panneaux marrons - ceux qui t’apprennent l’histoire sur les autoroutes françaises - ils avaient indiqué que le voyage vers le passé était fermé. Tant pis, on repassera…

30 août 2006

Mon train s'appelle Exil

Sur la ligne B du RER, tous les trains ont un nom. Quand je rentre de Paris, je sais que ceux qu'il faut que je prenne commencent par un P. Ca donne Perra, plan, pepe...Rien de bien exaltant. De toute façon, personne ne regarde jamais les noms des trains, il suffit de vérifier que la lumière de sa station est allumée. Et c'est tout, tu montes ou pas.

Pour aller à Paris, on s'en fiche d'autant plus que tous les trains qui s'arrêtent à Lozere vont à Paris. Et de toutes façons, il est rare que j'arrive suffisamment tôt pour voir son nom sur la voiture de tête: je saute dans n'importe laquelle après avoir dévalé les escaliers et prié pour que la sonnerie ne s'arrête pas.

Mais ce matin, avec mes yeux collés par 6 petites heures de sommeil et la rue Kétanou qui me chantait la bohême dans les oreilles, j'ai eu la surprise de voir en gare de Bourg la Reine (la Gare de Bourg La Reine est certainement la plus évoluée du sud de la ligne B, avec plein d'abris avec des sièges, un quai recouvert et des distributeurs partout...et des panneaux qui indiquent le nom des trains) que mon train portait le doux nom d'Exil.

Exil...c'est sympa, mais ça s'en le foutage de gueule! Je veux pas me plaindre de la poésie des gens de la SNCF, mais quand même, ça sent le fourbe.

Exil? sérieux? Je voyais plutôt Erreur, Exsigu, Etriqué, étuvaoùcomca, elsrapouritajourné! On fait tous la tronche, et pour cause, on s'est sorti de notre lit pour affronter un air froid, le quai est encore trempé des pluies de la veille, et ça  pour quoi? pour suivre une routine qui dure pour la plupart de mes camarades depuis plusieurs années, métro boulot dodo, et boulot chiant, sans intérêts.

Exploitation aurait été plus juste! Il n'y a qu'à voir les gens avec qui je travaille depuis un mois: entre chaque plan social, ils font tourner la machine en tentant d'oublier que le fait de pointer tout les matins ne fait qu'alimenter le compte en banque et le pouvoir de ceux qui n'auront aucun scrupule à les jeter. On fait un taf parce qu'il faut le faire, aucune impression d'utilité au monde, on envoie des lettres aux plus gros portefeuilles français pour que ces messieurs et leurs femmes puissent continuer de vivre tranquille avec leurs découverts annuels de confort de 600.000 euros, pour qu'il puisse éviter le fisc, etc.

Exploitation, ou éméprentéclicétéclac, fé ton mohammed à travers le monde, rêve, révolte-toi, construis, idéalise...mais sors de ce train, parce que franchement, tu vas nulle part là dedans!