20 mars 2007
Calins gratuits: je vote!
08:30 Publié dans J'idéalise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15 mars 2007
Nous sommes tous des féministes
Pardon pour le retard, je manque à tous mes devoirs, cette semaine a été chargée, mais un petit retour sur le 08 mars dernier s'impose.
Comme je l'avais prévu, je suis allée voir ces femmes qui organisaient une marche non mixte pour dénoncer l'absence des femmes dans l'espace public. Je pensais franchement me faire rembarrer illico, alors je me préparais, je l'avoue à la jouer à la provo.
Ca ne s'est pas du tout passé comme je l'avais prévu: j'arrive, 10 minutes avant le début de la marche, m'approche du groupe. "Bonjour, c'est vous qui organisez la manif?" Quelques-unes de la quinzaine de femmes qui déroulaient les banderoles se tournent vers moi et acquiècent, genre "ben oui, bienvenue". "Je me demandais ... pourquoi cette marche est non mixte...".
Et là, franchement, je me suis fait répondre du décousu, du pas convaincu: "ben, c'est la journée de la femmes, non?" NON, c'est la journée pour l'égalité entre les hommes et les femmes, c'est la journée pour faire le bilan de la lutte contre cette forme de discrimination, et se rassembler pour continuer à se battre, c'est le moment de discuter, dénoncer...mais c'est pas la journée de LA FEMME!
On a discuté, j'ai été diplomate (si si!), à m'en étonner moi-même, et finalement, toutes les femmes avec qui j'ai parlé se sont ralliées à mon discours (j'ai pas parlé à la chef qui me regardais méchant, mais c'était pas le plus important).
D'après elles, la marche était non-mixte comme ça, par tradition. Elles m'ont dit que maintenant que je leur en parlais, c'est vrai qu'elles ne trouvaient pas ca d'actualité de séparer les filles et les gars. Selon elles, c'est certainement parce qu'il n'y a pas eu le renouvellement de génération nécessaire au sein des organisations féministes.
Donc on est d'accord, mais ptet quand meme que ces mouvements pourraient ouvrir les yeux et prendre conscience que ce n'est pas en organisant ce type de rencontre, en encourageant le sexisme et en donnant au final une fausse définition de ce qu'est être féministe que la relève prendra.
Enfin, en conclusion, de bonnes discussions productives, je les ai laissées marcher sans moi après avoir échangé quelques contacts pour des discussions et actions ultérieures...mixtes, bien sûr!
12:15 Publié dans J'coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13 mars 2007
Signez l'appel des 343 Mamans des Cités sur niputesnisoumises.com
Citoyennes d’abord
En dénonçant les handicaps des femmes de banlieue, nous appelons à la mise en place de politiques publiques pour qu’elles acquièrent enfin les outils de leur émancipation.
Il y a un peu plus d’un an, dans le vacarme troublant des violences urbaines, les voix des mères des cités se sont élevées pour appeler les jeunes auteurs d’actes destructeurs à la raison et pour interpeller les pouvoirs publics sur leurs situations d’exclusion. Par la suite, dans les débats sociaux autour de ce phénomène, les parents notamment les mères ont été mises sur la sellette et ont été rappelées à leur responsabilité éducative. Certes, ces mamans, pour la plupart des femmes immigrées, sont concernées en premier chef par la situation des jeunes.
Mais n’est-il pas le temps de s’intéresser aussi à elles-mêmes ?
En dénonçant les difficultés de leurs tâches et leur précarité, nous appelons à la mise en place de politiques publiques et volontaristes afin que ces femmes cessent de conjuguer tous les handicaps sociaux et acquièrent ainsi les outils de leur émancipation.
La situation des femmes issues des immigrations est significative : ces femmes-mères se sont mariées pour la plupart jeunes et se sont entière-ment consacrées à leurs époux et à leurs enfants. Aujourd’hui, une fois leurs enfants grandis, beaucoup d’entre elles souhaitent sortir de l’espace domestique, améliorer leur pratique de la langue française pour s’engager sur le marché de l’emploi ou réaliser d’autres projets. Mais, hélas, faute de moyens, les travailleurs sociaux, les médiateurs et médiatrices et les cadres associatifs sont dans l’incapacité d’accompagner ces désirs de changement. Puis, les aspirations de ces femmes sont perçues par certains comme incongrues, car elles ne correspondent pas au cliché des femmes immigrées, épouses et mères derrière leur fourneau.
Par ailleurs, n’est-il pas aussi vrai qu’un certain nombre de ces femmes, soumises aux conventions bilatérales qui préservent les lois des pays d’origine, sont exposées aux risques des discriminations et des violences liées à la polygamie, à la répudiation, au mariage forcé et à l’excision sous le prétexte du respect des lois et des coutumes ?
Nous savons bien que les défenseurs du patriarcat soutiennent toujours la «femme-mère» au détriment de la femme libre et émancipée. Il n’y a qu’à observer l’opposition des mouvements d’extrême droite, des intégristes et notamment des islamistes envers la liberté des femmes à disposer de leur corps.
Les propagandes contre le droit à l’avortement, en faveur du port du voile et les attitudes haineuses envers l’homosexualité en sont des expressions concrètes. Pour des raisons prétendument budgétaires, de nombreuses municipalités et organismes publics ou paramunicipaux privent les mères qui ne travaillent pas du «temps libre» nécessaire à leur émancipation et à leur épanouissement. Ainsi, pour cause d’infrastructures insuffisantes, les places en crèche, en garderie ou à la cantine peuvent être refusées à celles, qui sont au chômage par exemple. Chercher du travail serait donc un luxe ?
La société renvoie à ces femmes l’image de la femme épouse-mère consacrée au «privé» et fait ainsi obstacle à leur accès à l’espace public. Cette situation d’enfermement influe aussi de manière négative sur l’évolution de la famille et des hommes. En effet, contrairement aux illusions dangereuses des défenseurs de la famille patriarcale traditionnelle, la préservation de cet ordre inégalitaire, qui est à la source des violences sexistes, engendre également d’énormes frustrations chez les hommes-pères et frères, et provoque ainsi des souffrances visibles et invisibles. En effet, murer les femmes (au sens propre et figuré), bloque tout épanouissement des rapports des sexes et dépossède ainsi la société entière de la force sociale d’une partie de ces citoyennes, condamnées à l’«immobilité».
A cet apartheid social s’ajoutent les effets néfastes de la cumulation du racisme et du sexisme observables dans l’«ethnicisation» des métiers vers lesquels on tâche de renvoyer systématiquement les femmes de telle ou telle origine et dans la déqualification que subissent les femmes immigrées et exilées hautement diplômées. Employées dans les métiers dévalorisés aux statuts précaires, à l’instar de beaucoup de femmes des couches populaires, elles sont fortement exposées aux différentes formes de harcèlement dans les lieux du travail. Précisons aussi que la mobilité des femmes des quartiers ghettos est des plus réduite. Les transports publics ne sont pas adaptés et enclavent encore ces cités populaires. L’accès aux lieux de la culture savante et artistique est inexistant pour celles et ceux qui n’ont pas les moyens d’en payer le prix de plus en plus cher. Notons enfin que les cafés sont des lieux masculins, les espaces de mixité sont très rares.
Oui, le tableau est complexe ! Toutes les circonstances sont aujourd’hui réunies pour garder un nombre non négligeable de femmes à l’écart de la citoyenneté démocratique. Or, la collectivité compte beaucoup sur elles en tant qu’actrices sociales. Elles sont vivement interpellées quand les violences et la délinquance dégradent la vie des quartiers. Et en prime, on voudrait leur retirer les allocations familiales pour mieux les précariser ?
Beaucoup de ces femmes s’engagent dans des associations de quartier qui rament, elles aussi, pour avancer. Elles parlent, mais ont le sentiment de ne pas être écoutées. Et pourtant, on ne cesse de les désigner comme actrices d’intégration ! On n’hésite pas à les interpeller en matière d’éducation des jeunes ! Il ne faut pas oublier que l’exercice du rôle de parent-coéducateur avec la collectivité, aussi bien pour les pères que pour les mères, demande avant tout d’être reconnu entant que citoyen(ne), acteur (actrice) des instances collectives.
Par : Fadéla Amara (Présidente de Ni Putes Ni Soumises), Chahla Chafik (écrivaine, sociologue), Mercedes Erra (Présidente Exécutive d’ Eurorscg Monde) et Sabine Salmon (Présidente de Femmes Solidaires).
19:28 Publié dans Je contribue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 mars 2007
Elles veulent marcher entre filles
Du 1er au 30 mars, à Rennes, ce sont les Journées internationales des femmes. Pendant un mois, on va questionner l'égalité, faire un état des lieux de ce qui a été fait, de ce qui reste à faire, parler, échanger, s'allier, agir. Je suis impressionnée par l'initiative de la ville de Rennes et du Centre d'information sur les droits des femmes et des familles. Bon, je suis toujours pas fan du nom (je préfère nettement la Journée internationale pour l'égalité entre les hommes et les femmes), mais le sous-titre, "Filles-garçons aujourd'hui, femmes-hommes demain", n'est pas mal du tout; et un mois entier, c'est vraiment bien.
Alors je feuillette le programme, guillerette, histoire de me faire un bon petit mois d'information-action-revendication. Et là, même en terrain a priori favorable, je m'énerve, ben oui, énervée j'étais de voir ce qui va se passer jeudi 8 mars, à 18h30: Marche de nuit non mixte dans les rues de la ville.
Cette action est organisée par les Bâtisseuse. " L'association les Bâtisseuses, créée à Rennes, se veut un outil juridique pour créer des liens entre les femmes et les lesbiennes et renforcer une solidarité féministe à l'échelle locale et internationale. Elle permet notamment de concrétiser certains projets, tout d'abord nécessaires à l'amélioration de la vie des femmes et des lesbiennes, mais également novateurs et/ou atypiques non-valorisés, de fait, par la plupart des institutions. Plusieurs projets sont déjà lancés : mise en réseau et publication d'un catalogue d'adhérentes (artisanes, productrices…), ateliers, rencontres, coopération…" (http://feminismearennes.over-blog.org/article-4780145.html). J'ai cru comprendre que l'un de leurs objectifs était de lutter contre le sexisme. Hum hum, mouais, d'accord, faites ce que je dis pas ce que je fais alors, non?
Perso, je comprends pas bien comment on peut défendre l'égalité, chercher à déconstruire les genres, à combattre le sexisme...entre filles, c'est-à-dire en triant à l'entrée ceux qui ont un pénis et celles qui n'en n'ont pas! C'est pas du sexisme ça? L'idée des bâtisseuses, selon le programme toujours, est de "réaffirmer la nécessité de prendre une place dans l'espace public en tant que femmes et dénoncer les violences faites aux femmes". Ben jsuis d'accord, allez, on y va, mais avec les mecs qui veulent se battre aussi...pourquoi les exclure de ce combat?
On me répondra qu'ils ne peuvent pas comprendre et vont nuire au mouvement. Ben je vois vraiment pas en quoi. J'ai pas mal d'années de route de la féministe de service, et franchement, j'ai rencontré des gars plus féministes que certaines filles. On ne définit pas ses idéaux en fonction de ce qu'on a entre les jambes. Et ajouter des barrières à celles qui existent déjà au sein de la société ne servira en rien la cause pour l'égalité et la fin des discriminations. Pour moi, ce genre de discours ne fait que donner une fausse image du mouvement et ne conduit qu'à exclure des milliers d'hommes et femmes qui vous diront que bien sûr ils sont pour l'égalité entre les hommes et les femmes mais féministes, ça, non!
Alors, comme je l'ai fait au Québec l'année dernière avec les "féministes radicales", j'irais à 18h30 place de la mairie jeudi, pour discuter avec ses femmes qui ne veulent pas marcher avec ceux qui ont un pénis, je leur demanderai pourquoi elles s'y refusent, si les trans qui ont marché avec elles le 17 mai dernier sont les bienvenus...et voir si les contradictions que j'imagine dans leur discours se tiennent finalement...ou vraiment pas. Bref, je vais faire ma job de féministe jeudi, et ceux que ça intéressent sont les bienvenu(E)s!
23:53 Publié dans J'coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





