28 février 2007
Voyage vers le passé: route fermée
Peut-on, doit-on revenir en arrière ?
Retour en banlieue sud pour les vacances de février et déjeuner à la Ville-du-Bois, chez la grand-mère. On parle d’aujourd’hui, d’hier, de demain. Elle est née en 1929. Elle a grandi dans une ferme de Buzançais, dans le pays berrichon, avec un père charron et maréchal ferrand, et une mère qui s’occupait de la ferme, des enfants. La guerre, la Libération, les Trente Glorieuses avec l’arrivée de la télévision puis de la couleur, de plusieurs chaînes. Elle gérait à peu près le magnétoscope, aujourd’hui, on lui a offert un lecteur dvd. Appeler avec le portable elle sait faire, les sms, ça la dépasse. Elle me tenait des discours certes un peu simplistes mais révélateurs: aujourd’hui, on ne connaît plus ses voisins, quand Michel est décédé, je me suis sentie vraiment seule à promener le chien et faire mes courses sans avoir un « bonjour » de la journée. Je lui dis qu’il n’y a pas que les personnes de son âge qui veulent un lien social différent ; qu’Internet c’est bien, mais que c’est pas une question de génération de vouloir socialiser, c’est juste humain. Je lui parle des SEL, les systèmes d’échanges locaux ou comment faire naître une vie de quartier.
On était sur la route vers Landry, entre filles. Je jette un œil au paysage entre deux rétrogradages. On est en Bourgogne, il y a des collines, de la brume, des villages avec clochers. Je raconte mon choc lorsque je suis allée aux Etats-Unis pour la première fois, les malls, les highways, les Humers, plus de place pour un petit bout d’herbe, là où 600 ans auparavant, les Hurons vivaient de la cueillette et de la chasse. Je sais, c’est simpliste. Moi aussi j’aime bien prendre l’avion, une route en serpentins avec une bonne voiture, pouvoir savoir ce qui se passe dans le monde entier en tapant www.google.com. Mais là, en Bourgogne, je me demandais quand est-ce que «développement durable» allait devenir une véritable politique-cadre plutôt qu’une caution facile pour entrepreneurs malins. Comme d’hab je m’emballe, en criant que je suis favorable à la décroissance, je crois…
Et là, sur les panneaux marrons - ceux qui t’apprennent l’histoire sur les autoroutes françaises - ils avaient indiqué que le voyage vers le passé était fermé. Tant pis, on repassera…
18:35 Publié dans Je rêve | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note






Commentaires
Si tu veux parler de l'archéodrome, je crois bien que sa fermeture est définitive...
Ecrit par : LMF | 28 février 2007
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